Science, croyances et éthique


Science et Croyances dans l'Antiquité égyptienne (6/6)

Ainsi, non seulement leur connaissance de la Nature était-elle enfouie au sein de ces caractères hiéroglyphiques aujourd'hui répartis en quelques vingt-six catégories, mais l'agencement même de ces caractères sur les parois des temples, tombeaux, ..., servait à exprimer nombre d'idées - leur connaissance de la Nature, en particulier. Telle celle de l'univers dans son ensemble, des êtres et des objets le peuplant, des mouvements les animant également. Autant de faits observés, de notions purement scientifiques donc, auxquels les anciens Egyptiens attribuaient une dimension bien souvent mythologique. Il n'est qu'à observer ces superbes inscriptions ornant quelques-uns des couvercles de sarcophages ou plafonds astronomiques du Nouvel Empire pour s'en convaincre définitivement.



Le plafond astronomique de la tombe de Ramsès VI constitue l'une des sources d'information sur les connaissances astronomiques des anciens Egyptiens

De même les bibliothèques d'alors, ces Maisons de Vie placées sous la double protection de Thot, dieu des sciences et des arts, inventeur des lettres, et de sa parèdre Seshat, "Dame des lettres et présidente de la salle des livres", renfermaient-elles très peu de traités purement scientifiques. La plupart des oeuvres qui y étaient entreposées soulignaient l'origine divine de tout être peuplant l'univers, le caractère sacré des phénomènes dont il est le siège, ... Découverte qui valut à Jean-François Champollion cette désormais célèbre réflexion : "Dans un pays où la religion fut la base immuable de toute l'organisation sociale, (...) toutes les sciences devaient avoir deux parties distinctes : la partie des faits observés, qui constitue seule nos sciences actuelles ; la partie spéculative, qui liait la science à la croyance religieuse, lien nécessaire, indispensable même en Egypte, où la religion, pour être forte et pour l'être toujours, avait voulu renfermer l'univers entier et son étude dans son domaine sans borne..." (Extrait de sa Treizième lettre rédigée à Thèbes le 26 mai 1829)

Les images de Thot et Seshat figuraient
à l'entrée de chaque Maison de Vie
ou bibliothèque de temple,
en signe de protection




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