Vers un couplage Science/Ethique ?
Le fait que plusieurs conceptions de l'univers coexistent alors atteste toutefois qu'un grand pas venait d'être franchi : un pas vers la liberté de penser. La croyance religieuse ne constituait plus désormais un obstacle à la formulation de nouvelles idées, en effet. Mieux encore, le débat d'idées était de nouveau d'actualité. Le découplage Science / Croyances était amorcé, que les progrès de l'instrumentation et de l'expérimentation ne feraient qu'accélérer. Désormais, toutes les conditions se trouvaient réunies pour que la science progresse, se structure, se scinde également, en des disciplines tout aussi distinctes que complémentaires les unes des autres. Ainsi l'astronomie donna-t-elle naissance à la mécanique céleste - étude des mouvements animant les astres -, à l'astrophysique - étude des phénomènes physiques régissant la vie des astres -, à la cosmologie - étude des structures peuplant l'univers à grande échelle -, à l'exobiologie - recherche de possibles formes de vie extraterrestre -, ... De même l'étude des propriétés de l'atome conduisit-elle au développement de la physique atomique et nucléaire, de la physique statistique, de la mécanique quantique, ...

Le découplage Science / Croyances, initié par les progrès de l'instrumentation, a permis la structuration progressive de la science. Ces mêmes progrès nécessiteront-ils la mise en place d'un couplage Science / Ethique ?
Aux savants et philosophes du Siècle des Lumières succédèrent ainsi des chercheurs toujours plus qualifiés, toujours plus spécialisés - une spécialisation qui, bien souvent, les éloignera de la Nature même des choses et des êtres peuplant notre univers, et les empêchera de formuler toute vision globale, unifiée pourrait-on dire, de la Nature environnante. Pire encore, cette Nature, autrefois source de réflexion, objet de compréhension, deviendra pour certains un véritable champ d'expérimentations. Les expérimentations sur le règne minéral, le règne végétal, le règne animal, sur l'Homme même, se multiplieront, asservissant par là-même toutes les formes de Vie aux lois - non naturelles, faut-il le rappeler -, de la politique et de l'économie. Combien d'années s'écouleront-elles encore avant qu'une loi, éthique celle-là, restaure enfin à la Nature son droit à être préservée ?
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