Science, croyances et éthique


Science et Croyances à l'époque des Lumières

En dépit de ces épisodes sanglants, la science continua de progresser... en Angleterre notamment. Il faut dire que l'Eglise anglicane, de confession protestante, était beaucoup plus ouverte aux théories scientifiques de l'époque. Ce qui permit à de grands physiciens tels Robert Hooke (1635-1703) et Isaac Newton (1642-1727), de développer leur vision mécaniste de la Nature. Une vision essentiellement interactive, qui aboutit à la formulation de la loi de la gravitation universelle. Appliquée à l'univers, cette loi en 1/r² permit de rendre compte de la nature elliptique des orbites planétaires. Appliquée aux atomes, elle expliqua en partie la cohésion de la matière. En partie seulement, car Newton se doutait bien que d'autres forces, d'origine électrique ou magnétique, de nature attractive voire répulsive, devaient également être considérées. Cette hypothèse sera d'ailleurs ultérieurement reprise par l'un de ses élèves, Roger Joseph Boscovitch (1711-1787).



Les atomes d'une substance donnée sont liés entre eux par des forces attractives. Des forces répulsives en assurent, selon Boscovitch, l'impénétrabilité.

Une vision mécaniste de la Nature s'imposait donc progressivement... non sans que la dimension divine des atomes et/ou des forces assurant la cohésion de leurs conglomérats disparaisse totalement, toutefois. Ainsi Newton voyait-il dans la force d'attraction gravitationnelle "l'esprit de Dieu qui traverse la matière". Montesquieu (1689-1755), Maupertuis (1698-1759), Rousseau (1712-1778) et Diderot (1713-1784), envisageaient quant à eux que des atomes doués de conscience et d'intelligibilité aient donné lieu à la matière vivante, animée. William Herschel (1738-1822) lui-même optera ouvertement pour l'idée d'une force ou d'un être suprême, responsable de la création et de la structuration de notre univers. De même James Clerk Maxwell (1831-1879) attribuera-t-il, à l'aube des Temps Modernes, une origine surnaturelle aux corpuscules de matière.

Si la plupart des savants et philosophes du Siècle des Lumières se déclareront favorables au vide et aux atomes, d'autres en revanche, pour des raisons philosophico-religieuses essentiellement, continueront de douter de la discontinuité de la matière à l'échelle microscopique. Tels Descartes (1596-1650), Leibniz (1646-1716), Berkeley (1685-1753) et Kant (1724-1804). C'est que l'expérimentation était loin encore de pouvoir attester de l'existence de ces corpuscules de matière, en effet.

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