Science, croyances et éthique


Science et Croyances dans l'Antiquité grecque (5/5)

Dans l'esprit de quelques astronomes grecs, notre Terre ne possédait pas l'unique particularité d'occuper le centre fixe d'un cosmos en perpétuelle rotation. Elle était également le siège de phénomènes physiques distincts de ceux régissant le cosmos. Et pour cause : leurs constituants différaient ! Aux dires d'Aristote (384-322 avant notre ère) en effet, l'univers était constitué d'éther, ce milieu pur et subtil, impérissable et impalpable à la fois... par opposition aux quatre éléments que sont la terre, l'eau, l'air et le feu, entrant dans la composition du monde matériel, sublunaire.


Le modèle d'univers conçu par Aristote. Si les éléments Terre et Eau ont tendance à s'amonceler de façon très compacte autour du centre de l'univers qu'occupe notre planète, expliquant ainsi sa sphéricité, l'Air et le Feu tendent quant à eux à monter verticalement, en direction des sphères célestes constituées par l'éther. L'éther est le constituant des objets célestes : il englobe le tout et son mouvement naturel consiste en une rotation constante et éternelle autour de la Terre.


Héraclide du Pont (388-310 avant notre ère) et Aristarque de Samos (310-230 avant notre ère) furent bien les seuls à ne pas distinguer la Terre du reste de l'univers, à l'intégrer au sein d'un cosmos en constante rotation et en perpétuelle évolution donc, en refusant de lui attribuer une position privilégiée dans l'espace, notamment. A leurs yeux en effet, le Soleil, ce fameux feu central des Pythagoriciens, constituait le véritable centre de l'univers, autour duquel gravitent étoiles et planètes - notre Terre y compris. Tout comme la théorie atomique formulée en leur temps par Leucippe de Milet et Démocrite, la théorie héliocentrique d'Héraclide du Pont et Aristarque de Samos ne fit malheureusement que peu d'émules. Le fait qu'elles aient été formulées démontre toutefois qu'une certaine liberté de pensée existait, à cette époque reculée. Ce qui ne sera guère plus le cas à l'époque médiévale, en ces temps auxquels l'Eglise toute puissante s'octroyera le monopole des idées.

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