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Le climat de la Terre, hier et aujourd'hui
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| Le 7 mars 2001, une conférence relative au Climat de la Terre était organisée par la Société Météorologique de France à la Cité de l'Espace de Toulouse, France. L'animaient Jean-Claude Duplessy, du Laboratoire des Sciences du Climat et de l'Environnement, et Pierre Bessemoulin, Directeur du Département de Climatologie de Météo-France. Le premier s'attacha à retracer l'évolution du climat depuis la fin de l'ère glaciaire ; le second, à présenter les changements récemment intervenus dans les courbes de température et de précipitations en différents points du globe, sous l'effet des activités humaines. |  |
L'amplitude des changements annoncés se révèle énorme ! Jugez plutôt : la hausse de température moyenne à la surface du globe pourrait avoisiner, d'ici la fin du XXIème siècle, les six degrés. Or, cinq petits degrés nous distinguent à peine de la dernière ère glaciaire, datée des environs de l'an 16 000 avant notre ère ! A cette époque, le niveau de la mer était inférieur de 120 mètres au niveau actuel, la calotte polaire, épaisse de quelques kilomètres, recouvrait des lieux de latitude avoisinant les 50 degrés Nord, etc. Les limites continentales différaient donc sensiblement de ce qu'elles sont aujourd'hui.
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Sur le fond des océans se sont lentement accumulés des débrits d'érosion des continents et des micro-organismes marins dont l'étude de la distribution spatiale et de la composition chimique nous renseigne sur le climat de la Terre, à des époques très reculées. Ainsi l'analyse de l'évolution isotropique de la concentration du calcaire en oxygène permet-elle de reconstituer l'évolution temporelle du niveau de la mer. Il apparaît ainsi que ce niveau oscilla périodiquement autour d'une valeur moyenne, sous l'effet de divers paramètres astronomiques : 1) le lent déplacement de l'axe de rotation de la Terre (environ 1,5° tous les 40 000 ans) : selon l'inclinaison de l'axe de rotation de la Terre, les étés sont plus ou moins chauds en effet ; 2) les variations constatées dans l'étirement de l'orbite écliptique terrestre, selon une période voisine de 100 000 ans ; 3) la plus ou moins grande proximité de la Terre et du Soleil : cette distance étant, à l'heure actuelle, minimale en hiver, l'hémisphère Nord bénéficie de températures hivernales relativement clémentes.
Ces paramètres astronomiques sont donc la source de variations cycliques du climat, dont l'étude des glaces polaires se fait également l'écho : au sein de chaque strate sont en effet piégées des molécules d'air dont l'analyse de la composition chimique nous renseigne sur la composition de l'atmosphère à l'époque de formation de telle ou telle strate, sur la température ambiante, donc. Car une forte concentration de l'atmosphère en gaz carbonique témoigne d'une température ambiante élevée... et annonce une nouvelle élévation de température à court terme. Souvenons-nous en effet que le gaz carbonique piège les rayons infrarouges reçus du Soleil et réfléchis par la surface continentale. Ainsi la température de surface des continents aurait-elle augmenté de quelque cinq degrés en 18 000 ans. Celle des océans, de deux ou trois degrés, au vu de l'analyse des micro-organismes marins.
De nouvelles analyses de sédiments marins, effectuées ces dix dernières années, témoignent d'oscillations de température de grande amplitude - d'une amplitude bien supérieure à ce que la Terre a jamais connue sur un laps de temps aussi court. Sous l'effet de cette hausse brutale des températures, les calottes polaires deviennent instables, les icebergs dérivent et fondent, recouvrant d'eau douce la surface des océans. Aussi les eaux salées en provenance de l'hémisphère Sud plongent-elles en profondeur à une latitude voisine de 50 degrés et n'apportent-elles plus leur lot de douceur aux zones côtières situées plus au nord. Des perturbations intervenues dans ces courants marins, vecteurs d'échanges océaniques, pourrait bien s'ensuivre une période glaciaire, dans une petite centaine d'années. Tel est le paradoxe du réchauffement climatique global ! |
| Un réchauffement vraisemblablement dû au développement des activités humaines, depuis le début de l'ère industrielle. Depuis l'an 1850 en effet, la température de surface de l'hémisphère Nord n'a cessé de croître. Cette croissance exponentielle tranche singulièrement avec la lente mais constante décroissance observée entre l'an 1000 et l'an 1850 de notre ère. Une décroissance discontinue, oscillatoire pourrait-on dire, de quelque 0,02 degrés. Parmi les sources possibles de variations de température, l'on peut citer les éruptions volcaniques et l'activité solaire. Les premières, qui s'accompagnent de jets de particules dans l'atmosphère, induisent une baisse de température sur plusieurs années ; la seconde, qui se manifeste par un plus grand nombre de tâches à la surface du Soleil et un vent solaire renforcé, induit quant à elle une faible hausse de température, sur quelques années là encore. |  Variations temporelles de la température de surface du globe |
| Aux dires des climatologues, l'impact de l'un et l'autre phénomènes naturels serait bien trop faible et ponctuel pour expliquer l'actuelle croissance exponentielle de la température de surface du globe. Seule l'augmentation de la concentration de l'atmosphère en dioxyde de carbone et méthane, tous deux gaz à effet de serre, paraît en fournir l'explication la plus plausible. Il est vrai que ce taux de croissance est dix à cent fois supérieur à ce que la Terre a jamais connu dans le passé - en constante augmentation, qui plus est !
Ressources complémentaires
(HistoSciences) Environnement : Climats et Sociétés
(HistoSciences) Quand l'Homme a-t-il eu conscience de l'existence des pôles ?
(HistoSciences) Les Années Polaires Internationales passées et actuelles
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