Astro-Egyptologie : un nouveau domaine d'étude
et de recherche associant les astronomes et les égyptologues


Le principe de la démarche probabiliste

A la lecture du Livre de Nout, il apparaît que chaque étoile décanale se comportait similairement à Sirius. Il est donc fort probable que l'apparition, à l'est du ciel, de chaque autre étoile ou groupe d'étoiles utilisée(s) à marquer la douzième et dernière heure de nuit aux lieux et époques considérés, coïncidait également avec le tout début de l'aube, ce qui restreint le nombre d'étoiles candidates à un décan donné. Au sein de l'échantillon résultant doivent par ailleurs être privilégiées celles de brillance apparente relativement élevée, sur lesquelles le choix des Egyptiens s'est probablement porté.

A ces deux critères astronomiques s'ajoutent deux autres critères, de nature égyptologique cette fois : la signification de l'appellation hiéroglyphique de chacun des décans considérés et l'imagerie qui leur est associée. A titre d'exemple, un décan nommé Khaou (, X#w) - littéralement "les milliers" - doit nécessairement être assimilé à un groupe d'étoiles - les Pléiades, en l'occurrence -, ce qui nous permet d'ignorer chacune des étoiles candidates occupant une position relativement isolée sur la voûte céleste. Le fait que le terme Seret (, srt) apparaisse au sein des appellations hiéroglyphiques de plusieurs décans suggère par ailleurs leur appartenance à une même région du ciel, à cette constellation que les anciens Egyptiens nommaient Seret et figuraient sous les traits d'une brebis sur les registres du Nouvel Empire.


Imagerie associée à l'appellation hiéroglyphique de plusieurs décans,
au plafond de la tombe de Senmout (Dynastie XVIII, Deir el-Bahari)


Afin d'identifier, avec quasi-certitude, chacune des étoiles décanales, il convient donc de prendre en compte l'ensemble des ces critères astronomiques et égyptologiques. A mesure que le nombre de ces critères augmente, la probabilité que telle étoile ou tel groupe d'étoiles ait incarné tel décan augmente, elle aussi. Tel est le principe de cette approche probabiliste. Une approche d'autant plus intéressante qu'elle offre un panel de résultats possibles, dont la probabilité augmente ou diminue à mesure que notre connaissance s'étend.

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