Jean-François Champollion :
le père de l'égyptologie française


Une nouvelle conception de la muséologie
Baigné qu'il est dans la culture de ce peuple auquel il a voué son existence toute entière, Jean-François progresse à pas de géant : il paufine son système hiéroglyphique, établit une nouvelle liste royale, affirme la prééminence de l'art égyptien sur l'art grec, ... En Italie, de Turin à Florence, de Naples à Rome, il fait figure d'Homme des Lumières, soutenu qu'il est par le pouvoir exécutif, l'Académie, l'opinion publique, ... et même le Vatican - il déclinera toutefois l'offre papale de faire de lui un cardinal !






Ci-contre figure le portrait du pape Léon XII,
qui admirait les travaux de Jean-François.


Cet inconditonnel soutien tranche singulièrement avec l'inimitié qu'entretiennent plusieurs savants français à son égard, au premier rang desquels Edme Jomard. Usant de stratagèmes plus ou moins douteux, ce dernier mettra tout en oeuvre en effet pour que lui soit refusé le poste de conservateur des antiquités égyptiennes du Musée Royal, qui pourtant lui revenait de plein droit. Le 17 mai 1826, le roi Charles X mettra un terme définitif à cette querelle de chapelles : sur ordonnance, il désignera Jean-François conservateur de la division égyptienne et orientale du Musée Royal du Louvre, et le chargera de donner, chaque année à la belle saison, "un cours public et gratuit d'archéologie égyptienne, où l'on exposera les deux systèmes d'écriture dont se servaient les Egyptiens".

Susciter l'admiration et répondre aux interrogations du futur public, créer "une véritable encyclopédie égyptienne", soit une base de connaissances historiques ouverte à tous, telle était précisément l'ambition de Jean-François Champollion. Conception muséologique révolutionnaire pour l'époque, qui, une fois encore, lui attirera les foudres de nombreux historiens - ses plus proches collaborateurs du Musée du Louvre en tête !

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