Jean-François Champollion :
le père de l'égyptologie française


Thomas Young : génial amateur ou véritable précurseur ?
C'est en septembre 1821, soit peu après qu'il se soit installé à Paris, que Jean-François prend connaissance des résultats de recherche de Thomas Young, ce brillant physicien anglais découvreur des interférences lumineuses, doublé d'un orientaliste passionné que le déchiffrement des hiéroglyphes "distrait", "amuse". C'est en scientifique éclairé et sur la base des travaux réalisés avant lui par le suédois Johann David Akerblad, que Thomas Young parvient, en très peu de temps - quelques années à peine -, à donner une première traduction du texte démotique de la Pierre de Rosette, puis à associer, non sans un certain succès, tel caractère démotique à tel sigle hiéroglyphique. Grâce à un ingénieux système de découpage, de classement et de recoupement, il met par ailleurs l'accent sur la valeur phonétique des hiéroglyphes ; démontre que les graphies cursives (démotiques) dérivent des hiéroglyphes ; enfin, que les noms des dieux et des rois sont inscrits dans des ovales ou cartouches, confirmant par là-même les récentes découvertes de Jörgen Zoëga et de l'abbé Barthélémy.

Thomas Young (1773-1829)


Aussi géniales furent ses intuitions, il est un obstacle toutefois qui l'empêcha de pousser ses recherches plus avant : la méconnaissance du copte, cette langue dont Athanase Kircher avait à juste titre soupçonné qu'elle constituait l'écho sonore de l'égyptien ancien. Ce même copte que Jean-François, en linguiste averti, maîtrisait à la perfection, et qui, bientôt, le conduirait sur la voie du déchiffrement. En cet été 1821, le chemin à parcourir paraissait encore long toutefois, semé qu'il était de multiples embûches linguistiques en effet. Car si ses contemporains étaient parvenus à quelques résultats significatifs, restait encore à déterminer la nature exacte du système hiéroglyphique. Ce à quoi Jean-François s'employa ...

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