Jean-François Champollion :
le père de l'égyptologie française


Le jeune étudiant devenu chercheur et professeur
Dans cet univers de culture orientale, Jean-François s'épanouit tout d'abord, entretenant des rapports privilégiés, d'amitié même pourrait-on dire, avec certains de ses maîtres, avec l'abbé Tersan notamment, qui mit à sa disposition une copie de la Pierre de Rosette, ce décret du corps sacerdotal de Memphis commémorant l'accession au trône de Ptolémée V Epiphane en l'an 192 avant notre ère - un décret qui possédait la particularité d'avoir été rédigé en trois langues différentes : en grec, en démotique et en hiéroglyphes. A mesure que ses études et recherches linguistiques avançaient, son mépris des résultats obtenus par ses illustres prédécesseurs - Horapollon, Clément d'Alexandrie, Athanase Kircher, Paul-Ernst Jablonsky, ... - et contemporains - l'abbé Warburton, l'abbé Jean-Jacques Barthélémy, ... - s'affirmait toutefois. A ses yeux en effet, il fallait faire table rase des acquis linguistiques passés et présents, définir une nouvelle méthode qui le conduirait - lui et lui seul - sur le chemin du déchiffrement.

La Pierre de Rosette


Une telle attitude, si méprisante à l'égard des illustres personnalités de l'époque, - des personnalités qui, pour certaines, avaient participé à la fameuse Expédition d'Egypte -, ne pouvait que déplaire à Jacques-Joseph, ce frère aîné qui, par pure ambition professionnelle, n'avait cessé de "jouer des coudes", de manipuler autrui dirait-on aujourd'hui, pour gravir, uns à uns, les échelons de la société... et finalement obtenir le poste si longtemps convoité de bibliothécaire de la ville de Grenoble, ainsi qu'une chaire de civilisation hellénique de l'université de Grenoble. Dans cette même université, il décrocha, pour son cadet animé d'une passion qu'il pensait désormais dénuée de tout espoir, rien moins qu'une chaire d'histoire ancienne.

Bien qu'il fut âgé alors de 18 ans, Jean-François se révéla être un excellent pédagogue, mettant plus particulièrement l'accent sur la critique des sources, le recours à la méthode expérimentale, la recherche des causes et des effets réels, sachant, qui plus est, donner vie à ses cours.

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