Jean-François Champollion :
le père de l'égyptologie française


Le copte ou l'écho sonore de l'égyptien ancien
Son formidable recueil intitulé Voyage dans la Basse et la Haute Egypte pendant les campagnes du général Bonaparte, les vingt volumes de la non moins célèbre Description de l'Egypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l'expédition de l'armée française ; enfin, la Pierre de Rosette, découverte le 19 juillet 1799, mais rapidement rétrocédée à l'empire britannique, constitueront autant de sources de connaissance et de déchiffrement hiéroglyphiques pour Jean-François Champollion.



Ci-contre figure la page de couverture de La Description de l'Egypte,
publiée par les ordres de S.M. l'Empereur Napoléon.


Les livres, voilà bien tout l'univers du Déchiffreur. Un univers dans lequel il baigna dès son plus jeune âge, en tant que fils de libraire fraîchement installé dans une petite ville du Quercy, à Figeac très exactement. Un univers dont son frère Jacques-Joseph lui fera profiter dès son arrivée à Grenoble, le 27 ou 28 mars 1801. Jean-François n'est alors âgé que d'une dizaine d'années. En son aîné, il trouvera toutefois une intarissable source d'affection, de protection et d'érudition, si indispensables à parfaire son éducation et faire éclore sa vocation. Une vocation égyptienne, que sa seule passion pour les langues orientales - l'hébreu, l'arabe, le syriaque, le chaldéen, ... - ne suffit guère à expliquer.

Sans doute sa rencontre avec Joseph Fourier, alors Préfet de l'Isère, fut-elle déterminante en effet. Elle intervint en l'an 1809, grâce notamment à l'intervention de son frère, Jacques-Joseph. En quelques années à peine, ce dernier était habilement parvenu à se lier d'amitié avec des personnalités très influentes, telles Aubin-Louis Millin, considéré alors comme le maître de l'archéologie en France ; Joseph Fourier, que Bonaparte avait chargé de rédiger la préface historique de la Grande Description de l'Egypte et promu, au même titre que Dominique Vivant Denon, au rang de "parrain de l'égyptologie".

Les uns et les autres ouvriront toutes grandes à Jean-François les portes de l'Egypte ; il lui éviteront cet échec social que, bien souvent, conditionne l'épanouissement du génie créateur (Extrait de Champollion, une vie de Lumières, de Jean Lacouture), en l'aidant par exemple à pénétrer le cercle orientaliste parisien, et ce, dès 1807 - il entre à peine alors dans sa dix-septième année ! Sous la direction de maîtres prestigieux - Silvestre de Sacy, Prosper Audran et Louis Langlès du Collège de France, Volney et dom Raphaël de Monachis de l'Ecole des langues orientales, Nicolas Conté et Edme Jomard de la Commission d'Egypte, ... -, jouissant de l'infrastructure de lieux dont la richesse faisait de Paris la capitale mondiale des arts, des lettres et des sciences - musées privés et impériaux, Bibliothèque impériale dont Aubin Millin était le conservateur des antiques, ... -, il perfectionnera sa maîtrise des langues orientales, apprendra le copte, cette version hellénisée et parlée de la vieille écriture sacrée - condition indispensable, il le savait, à mieux cerner toute la portée de l'écriture hiéroglyphique.

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