Jean-François Champollion :
le père de l'égyptologie française


Le voyage littéraire en Egypte (1/2)
En août 1826, Le Musée Royal accueille sa toute première collection égyptienne : celle d'Henry Salt, alors consul d'Angleterre en Egypte, dont Jean-François avait négocié l'acquisition à Livourne, quelques mois auparavant. Son inventaire fait état de près de trois cents bronzes - statues, statuettes, figurines, animaux, vases et ustensiles en tous genres -, de nombreux papyri et d'un sarcophage de granit rose orné, sur chacune de ses faces, de scènes mythologiques dont de multiples inscriptions hiéroglyphiques fournissent l'explication. Progressivement, Jean-François se meut ainsi en gestionnaire averti, acquérant pour le Musée des pièces et collections à prix réduits, âprement négociés : un colosse en provenance de Rome, de magnifiques parures de bijoux en or finement ciselés, des vases, des stèles, des manuscrits, ...

Sur cette paroi extérieure du
sarcophage de Ramsès III
apparaît la déesse Isis.


De tous ces acquis, il tire une grande satisfaction personnelle, naturellement. Il lui tarde toutefois que sa mission s'achève, que le département des antiquités orientales du Musée Royal soit enfin inauguré - ce sera chose faite le 15 décembre 1827. Car la vocation du cadet des Champollion n'est pas de gérer un "magasin d'antiquités". Elle est de faire parler ces antiquités, ces pierres, là précisément où elles furent érigées, soit au Pays des Deux Terres. En cette fin d'année 1827, le Voyage littéraire en Egypte dont il a tant rêvé, ce voyage qu'il a mis tant de soin à préparer avec l'aide de son frère aîné et d'un jeune orientaliste italien nommé Ippolito Rosellini avec lequel il s'était lié d'amitié, semble enfin possible. Certes, les résistances à ce projet furent nombreuses, là encore ; les circonstances politiques même semblaient s'y opposer. C'est que la France soutenait alors l'opposition de la Grèce au tout-puissant sultan de Constantinople dont Mohammed Aly, le pacha d'Egypte, était le vassal et l'allié. Mais le temps pressait : il leur fallait visiter la Terre des Dieux avant que les Hommes n'aient achevé de la piller et ce, dans le seul but d'enrichir leurs musées !




Auprès de Mohammed Aly, Jean-François obtient les autorisations nécessaires à visiter et fouiller chacun des sites antiques qu'il trouvera sur sa route. Le Pacha lui promet de trouver honneur et accueil si loin qu'il aille.

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