Atomes et molecules


L'ultime offensive des antiatomistes (2/3)

Parce qu'ils considéraient l'énergie comme essence du monde physique, les transferts d'énergie comme sources de tout phénomène perceptible - par nos sens en l'occurence -, seules les lois de la thermodynamique classique (le principe de conservation de l'énergie, les principes de Carnot et Clausius) leurs apparaissaient véritablement aptes à rendre compte des phénomènes mécaniques, thermiques et chimiques dont notre univers tout entier est le siège. Certains propos de Wilhelm Oswald (1853-1932) reflètent parfaitement cette vision énergétique de la nature, dont l'élément matière est bien souvent ignoré, parfois mème rejeté : "La jonction entre le monde des sensations et nous réside dans le fait que toutes nos sensations ont un caractère commun et un seul : elles correspondent à une différence d'énergie entre les organes des sens et le milieu qui les entoure". Ainsi les sensations constituent-elles, à ses yeux, aux yeux des énergétistes, une importante source d'informations sur les phénomènes physico-chimiques dont elles résultent. A titre d'exemple, les propriétés chimiques de l'oxyde de fer différant notablement de celles du fer et de l'oxygène, sa création s'est nécessairement accompagnée de la destruction des éléments fer et oxygène dont la théorie atomique affirme qu'il est constitué. Les théories chimiques modernes basées sur l'hypothèse atomique doivent donc ètre rejetées.

Face à cette conception pour le moins aristotélicienne de la nature, excluant la notion de force, ne nécessitant la formulation d'aucune hypothèse qui plus est, nombre de physiciens et chimistes renommés se mobilisèrent. Tels Albert Einstein (1879-1955), Werner Heisenberg (1901-1076), Max Planck (1858-1947), Paul Langevin (1872-1946), Ludwig Boltzmann (1844-1906) ou bien encore Jean Perrin (1870-1942) pour qui "deviner l'existence ou les propriétés d'objets qui sont encore au-delà de notre connaissance, expliquer du visible compliqué par de l'invisible simple, voilà la forme d'intelligence intuitive à laquelle, grâce à des hommes tels que Dalton ou Boltzmann, nous devons l'Atomistique" (Extrait de son ouvrage intitulé Les Atomes, publié en 1912).




Portrait de Jean Perrin (1870-1942)



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