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L'ultime offensive des antiatomistes (1/3)
Parmi les antiatomistes convaincus et offensifs de cette fin de XIXème siècle figuraient les équivalentistes et les énergétistes. Henri Sainte-Claire Deville (1818-1881), qui n'admettait ni la loi d'Avogadro, ni les atomes, ni les molécules, ni les forces, ni les états particuliers de la matière, refusant absolument de croire à ce qu'il ne peut ni voir ni mème imaginer, appartenait au premier groupe d'irréductibles. De mème, Marcellin Berthelot (1827-1907), pour qui la science devait se limiter à établir des classifications et des relations entre phénomènes naturels observables - à la recherche de lois chimiques générales notamment -, en aucun cas se développer sur la base d'hypothèses invérifiables - sur la base de l'hypothèse atomique en l'occurrence, dont il était parvenu à proscrire l'enseignement dans les Lycées français jusqu'en 1890. Ce à quoi Charles Adolphe Wurtz (1817-1884), l'un des plus éminents atomistes français, opposa la réflexion suivante, lors d'un désormais célèbre débat à l'Académie des Sciences (1877) : "Dans l'interprétation que nous donnons des faits, nous nous efforçons de serrer de près et de coordonner les données expérimentales, bien convaincus que ces dernières sont les bases inébranlables de la Science, mais sans répudier absolument les hypothèses, car aucune science ne peut s'en passer, aucun savant ne s'en abstient dans le travail synthétique qui résume et ordonne les faits en les subordonnant à des principes généraux".
Les énergétistes également attribuèrent à la Science des objectifs pour le moins restrictifs. A leurs yeux, point n'était besoin de construire des modèles, de formuler des hypothèses, d'avancer des explications ; il suffisait d'établir des correspondances entre lois empiriques, d'une part, logique mathématique, d'autre part. L'étude de la structure interne des corps, en tant que source des phénomènes observés, ne présentait donc aucun intérèt particulier. En témoignent ces quelques phrases publiées en 1911 par Pierre Duhem (1861-1916), dans son Traité d'énergétique et de thermodynamique générale : "Nous ne discuterons pas si les corps sont réellement continus ou s'ils sont formés de parties disjointes séparées par le vide ; si ces parties disjointes ont des dimensions finies, bien que très petites, ou bien si ce sont de simples points. Toutes ces questions au sujet de la constitution réelle des corps ne sont pas objet de Physique, mais de Métaphysique ... La Physique cherche seulement à construire, au moyen de notions empruntées aux Mathématiques, un système logique qui fournisse une image approchée des lois relatives aux corps".
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