Atomes et molecules


Où la discontinuité chimique se confirme ... (2/2)

Auguste Kekulé ne s'y était pas trompé : l'hypothèse atomique fournissait bel et bien une explication claire et rationnelle des propriétés chimiques de la matière. La seule détermination des poids atomiques de chacun des soixante éléments chimiques connus alors conduisit ainsi Dimitri Ivanovitch Mendeleïev (1834-1907) à établir son désormais célèbre tableau périodique des éléments (1869). "Les éléments, disposés d'après leurs poids atomiques, présentent une périodicité de propriétés", souligna-t-il. Ils se classent suivant leurs valences, en particulier. Cette mème valence, jadis nommée atomicité, dont la valeur, propre à chaque élément chimique - relative à leur structure électronique, découvrira-t-on plus tard - conditionne la nature mème de leurs associations - la nature des liaisons interatomiques, dirait-on aujourd'hui. L'élément hydrogène possédant la valence 1 fut ainsi qualifié de monovalent ; l'élément oxygène pouvant se combiner à deux éléments hydrogène (valence=2) fut qualifié de bivalent, l'élément azote pouvant se combiner à trois éléments hydrogène (valence=3) fut qualifié de trivalent, ...

Dimitri Ivanovitch Mendeleïev
(1834-1907)


La découverte, par Auguste Kekulé, de la tétravalence de l'élément carbone, soit de sa capacité à se lier à quatre éléments de valence 1, à quatre éléments hydrogène pour former la molécule de méthane par exemple, fut source de nombreux développements en chimie organique et suscita une vaste réflexion sur l'agencement des éléments (atomes) au sein des structures moléculaires. Il apparaissait toujours plus évident en effet que la distribution spatiale des éléments (atomes) était responsable de la cohésion des molécules qu'ils constituent. Telle cette molécule de méthane dont Achille Jacques Le Bel (1847-1930) et Jacobus Hendricus Van't Hoff (1852-1911) imaginèrent, en 1874, la structure tridimensionnelle - chacun des éléments hydrogène occupant l'un des sommets d'un tétraédre régulier dont l'élément carbone matérialise le centre.

Si les progrès réalisés en chimie physique et chimie organique plaidaient nettement en faveur de l'hypothèse atomique, les preuves directes de l'existence des atomes continuaient de manquer toutefois - celles-ci n'apparaîtront qu'en toute fin de XIXème siècle, en effet. Aussi, nombre de savants adoptèrent-ils une attitude pour le moins réservée, sinon hostile, à l'égard de cette théorie.

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