Atomes et molecules


Où la discontinuité chimique se confirme ... (1/2)

Dans ces conditions, rien moins qu'un demi-siècle sera nécessaire à l'hypothèse atomique pour s'affirmer dans l'esprit des scientifiques, dans l'esprit de nombreux chimistes notamment. Un demi-siècle au cours duquel les données expérimentales favorables ne cesseront de s'accumuler. Des données relatives à la calorimétrie notamment, à l'isomorphisme également ; à l'électrochimie enfin - Jöns Jacob Berzelius allant jusqu'à prôner le rôle des forces électriques dans les liaisons chimiques (1819).


La loi de Dulong et Petit stipule que la quantité de chaleur Q nécessaire pour élever d'un degré, à volume constant, la température T d'une masse solide, pratiquement nulle aux basses températures, s'accroît avec une augmentation de température pour demeurer à peu près constante et égale à environ 6 calories par atome-gramme de n'importe quelle sorte présent dans la masse solide. Cette limite est atteinte d'autant plus rapidement que le poids atomique p de l'élément considéré est élevé.


Dans la seconde moitié du XIXème siècle, la validité - ou plutôt la praticité - de l'hypothèse atomique ne faisait guère plus de doute. En témoigne la nature des débats animant le premier congrès international de chimistes réunis à Karlsruhe en 1860, l'intérèt réaffirmé alors pour la loi d'Avogadro dans la détermination des poids atomiques, la volonté également de clairement définir les notions d'atomes et de molécules : "La molécule est un groupe d'atomes formant la plus petite unité d'une substance chimique, simple ou composée, qui peut ètre isolée ou qui peut exister seule : c'est la plus faible quantité d'une substance qui peut entrer en réaction ou ètre générée par elle ; l'atome est la plus petite unité d'un élément qui peut exister dans un corps composé en tant que masse indivisible chimique". En témoignent également ces quelques mots prononcés, en 1867, par Auguste Kekulé (1829-1896) : "La question de savoir si les atomes existent ou non a peu de signification du point de vue de la chimie ; sa discussion relève plutôt de la métaphysique. En chimie, nous devons uniquement décider si l'hypothèse des atomes est adaptée à l'explication des phénomènes chimiques". Et elle l'était, comme en atteste ce passage ultérieur : "En tant que chimiste, je considère l'hypothèse des atomes, non seulement comme recommandable mais comme absolument nécessaire en chimie".

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