Atomes et molecules


Où la discontinuité chimique apparaît ... (4/5)

A l'instar des théologiens moyen-âgeux, nombre de philosophes du XIXème siècle exprimeront leur rejet de la théorie corpusculaire de la matière. Tels Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831), Arthur Schopenhauer (1788-1860) ou bien encore Auguste Comte (1798-1857), pour lesquels l'idée de l'atome, à défaut d'ètre vérifiable par voie expérimentale, doit demeurer conceptuelle, voire mème ètre abandonnée. Ce sera là d'ailleurs l'attitude que choisiront d'adopter nombre de chimistes, Claude-Louis Berthollet (1748-1822) en tète, opposés à la théorie atomique dont Hegel disait : "elle n'est pas indispensable à la description du monde observable, elle ne s'impose pas, elle est donc superflue, sinon fausse." (Extrait de Histoire de l'atome dans la pensée humaine de Bernard Pullman).





Portrait d'Auguste Comte (1798-1857)


En admettant l'idée de l'atome, en développant toute une théorie atomique sur de simples allégations et non sur des bases empiriques, la physique devient, selon lui, une métaphysique sans fondements. Elle ne sert donc plus son objectif principal qui est de rendre compte, au moyen de lois vérifiables, de la nature et des caractéristiques de chacun des phénomènes observés. C'est là bien vite oublier cependant, sciemment nier mème, comme le fera Auguste Comte ultérieurement, que la science, pour progresser, a tant besoin d'idées que d'expériences - ces mèmes expériences qui, les progrès de l'instrumentation aidant, confirmeront ou infirmeront telle hypothèse, aussi raisonnée ou farfelue soit-elle. Telle cette antique idée de l'impénétrabilité des atomes qui, longtemps, constitua un frein au développement de l'atomisme scientifique - jusqu'à l'avènement de la mécanique quantique dans la première moitié du XXème siècle, en réalité.

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