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Où la discontinuité chimique apparaît ... (2/5)
S'ensuivit la formulation, en des termes rénovés et quantitatifs, de la théorie corpusculaire de la matière... par John Dalton notamment (A new System Of Chemical Philosophy, 1808). Dans cet ouvrage qui marqua l'avènement de l'atomisme moderne, il réaffirma le caractère indivisible et indestructible des constituants ultimes de la matière ; posa l'identité, en terme de poids notamment, des atomes d'un mème élément ; postula que les atomes d'éléments différents se distinguent les uns des autres par des poids différents ; que tout corps composé (molécule) est constitué d'un nombre entier d'atomes ; que le poids total d'un corps composé est la somme des poids de chacun des atomes qui le constituent ; que la composition d'un corps composé ne peut varier de façon continue, mais seulement par bonds discontinus correspondant à l'entrée ou à la sortie d'au moins un atome ; enfin, que les réactions chimiques ne s'accompagnent ni d'une création, ni d'une destruction de matière.

De gauche à droite : Portraits de John Dalton (1766-1844) et Jöns Jacob Berzelius (1779-1848).
Persuadé, donc, que le poids constitue l'une des caractéristiques essentielles des atomes, John Dalton établit une échelle des poids relatifs pour un certain nombre d'éléments chimiques - trente-six au total -, prenant pour référence le poids de l'atome d'hydogène. L'analyse pondérale de l'eau ayant montré que 8g d'oxygène se combinent à 1g d'hydrogène, il fixa le poids atomique de l'oxygène, qu'il pensait monoatomique à l'état libre, à 8. Il attribua, de plus, des symboles aux corps simples (atomes) et composés (molécules), censés traduire leur poids et leur composition atomique. C'est à Jöns Jacob Berzelius (1779-1848) toutefois que l'on doit la notation chimique actuelle - l'écriture de la molécule d'eau sous la forme H2O, par exemple. Une écriture qui, pour s'imposer, mit des années cependant, nécessita notamment les contributions de Joseph-Louis Gay-Lussac (1778-1850) et Amédée Avogadro (1776-1850) sur les corps gazeux. Des contributions qui se situaient alors dans la continuité mème des résultats obtenus, quelques cent cinquante ans auparavant, par Sir Robert Boyle (1627-1691) et Edme Mariotte (1620-1684).
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