Atomes et molecules


Où la discontinuité chimique apparaît ... (1/5)

L'instrumentation scientifique se développant, les preuves de l'existence du vide s'accumulèrent progressivement. A l'aube du XIXème siècle, celles de l'existence des atomes se révélaient encore bien fragiles cependant. Certes, Antoine-Laurent Lavoisier (1740-1794), Henry Cavendish (1731-1810) et Joseph Priestley (1783-1804) étaient parvenus à démontrer la structure composée, non élémentale donc, de l'eau et de l'air, balayant ainsi la théorie des quatre substances primordiales énoncée quelques deux mille trois cents ans auparavant, redéfinissant par là-mème la notion d'éléments : "Nous attachons au nom d'éléments ou de principes des corps l'idée du dernier terme auquel parvient l'analyse ; toutes les substances que nous n'avons encore pu décomposer par aucun moyen sont pour nous des éléments", précisa Antoine-Laurent Lavoisier dans son Traité élémentaire de chimie de 1789.

Antoine-Laurent Lavoisier
(1740-1794)


L'utilisation des diverses méthodes de séparation auxquelles Antoine-Laurent Lavoisier fait ici allusion permit, non seulement la découverte de nouveaux éléments chimiques, mais également la formulation de nombre de lois, aujourd'hui encore considérées comme fondamentales. Telles ces lois pondérales de la combinaison des éléments chimiques déduites de la loi de conservation de la matière, qui firent apparaître une nette discontinuité chimique. Parmi celles-ci figure la loi des nombres proportionnels de Jeremias Benjamin Richter (1762-1807) stipulant que les poids de deux éléments a et b qui se combinent à un mème poids d'un troisième élément c sont dans un rapport simple avec les poids de a et b qui se combinent entre eux (1791) ; la loi des proportions multiples de John Dalton (1766-1844) stipulant que lorsque deux éléments peuvent se combiner de façons différentes, leurs poids respectifs dans ces diverses unions sont dans des proportions simples - des nombres entiers l'un par rapport à l'autre, en l'occurrence (1802-1804) ; enfin, la loi des proportions définies de Joseph-Louis Proust (1754-1822) stipulant que les combinaisons de deux éléments s'effectuent toujours dans des rapports pondéraux invariables (1806). La proportion suivant laquelle deux éléments se combinent ne peut donc varier de façon continue. Mieux encore, deux composés présentant des proportions différentes des éléments a et b se distinguent l'un de l'autre par des propriétés différentes.

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