L'atomisme médiéval : de l'antagonisme au syncrétisme


L'atomisme syncrétique de Boscovitch

Cette idée d'un univers constitué d'une multitude de particules élémentaires considérées comme autant de points d'énergie spirituelle dénués de toute extension, inétendus pourrait-on dire, sera ultérieurement reprise par un certain Roger Joseph Boscovitch (1711-1787). Cet élève de Newton, soucieux de rapprocher les deux visions antagonistes de l'époque, celles de son maître et de Leibniz en l'occurrence, envisagea par ailleurs que chacun de ces corpuscules de matière était soumis aux deux lois de l'attraction et de la répulsion. Ainsi, la force attractive, responsable de la cohésion de toute substance matérielle, l'emportait-elle lorsque la distance séparant chacun des atomes de cette substance était relativement grande. A l'inverse, la force répulsive, garante de l'impénétrabilité de chaque corpuscule, se devait d'ètre d'autant plus grande que la distance séparant les corpuscules en question était faible. La surface extérieure de chaque atome constituait, enfin, la zone d'équilibre entre ces deux forces. Il en résulte que les atomes d'une mème substance ne sont pas contigus les uns aux autres, que la matière, à l'échelle microscopique, est discontinue donc.



Les atomes d'une substance donnée, tous identiques, sont liés entre eux par des forces attractives. Des forces répulsives en assurent, selon Boscovitch, l'impénétrabilité.

Ces atomes dépouvus de toute extension, indivisibles donc, sont, de plus, parfaitement identiques les uns aux autres. De sorte que seuls leur nombre et leurs arrangements (positions, distances relatives) différentient les substances entre elles - des substances divisibles à l'infini au travers leurs intervalles - ces espaces séparant les atomes entre eux.

Cette notion d'atome ponctuel, pour la première fois émise par les atomistes indiens de l'école Nyaya-Vaisésika, puis reprise et développée par les Motekallemîn, sera acceptée par nombre de philosophes du XVIIIème siècle, au premier rang desquels Christian Wolff (1679-1754) et Emmanuel Kant (1724-1804), qui verront en chaque atome le centre ponctuel des forces d'attraction et de répulsion de Boscovitch. De grands mathématiciens et physiciens, parmi lesquels André-Marie Ampère (1775-1836), que Maxwell appelait "le Newton de l'électricité", et Augustin Cauchy (1789-1857), se rallieront également à cette vision dynamique de la Nature.

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