L'atomisme médiéval : de l'antagonisme au syncrétisme


Descartes : un philosophe résolument antiatomiste (1/2)

A la différence des grands scientifiques de son temps, Pierre Gassendi, Blaise Pascal, Galileo Galilei en tète, René Descartes (1596 - 1650) se posa en fervent adversaire de la théorie atomique grecque, rejetant tout à la fois les notions de vide et de corpuscule indivisible.

Ce brillant philosophe, dont le nom reste indéfectiblement attaché à son Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences, adopta il est vrai une démarche peu commune, bien originale pour l'époque : critiquant l'absence de fondement de tout enseignement professé, qu'il s'agisse de l'enseignement des sciences, de celui des arts, ... il suggéra une refonte totale des disciplines en question. Faisant table rase de tout principe établi, il se proposa ainsi d'examiner chacune des théories existantes à la lueur de nouvelles réflexions - à l'aide de cette logique que nous qualifions aujourd'hui de cartésienne. Cette méthode qu'il développa et qui dirigea toute son oeuvre, tant philosophique que scientifique, alliait expérimentation, doute et recherche d'une certitude. Elle le conduisit à de belles réussites, notamment à formuler la loi de la réfraction, ouvrant par là-mème la voie à la théorie ondulatoire de la lumière... et à de cuisants échecs - la formulation du principe de conservation du mouvement (au lieu de l'énergie) comme loi fondamentale des chocs.

René Descartes (1596-1650)


Autre erreur de sa part, qui inspirera à Montaigne cette désormais célèbre expression : "Descartes, né pour découvrir les erreurs de l'Antiquité, mais pour y substituer les siennes", sa vision antiatomiste de l'univers : une vision résultant des principes constitutifs de sa Philosophie de la Nature. Partant du fait, indiscutable selon lui, que la pensée existe - "Je pense, donc je suis" -, Descartes déduisit que Dieu existe lui aussi. Un Dieu qui façonne l'univers, le crée à chaque instant, le maintenant ainsi dans l'ètre. Un Dieu source de toute vérité, source de cette vérité que notre entendement, que nos sens, nous permettent d'appréhender avec exactitude. Cette réalité que nos sens percoivent serait ainsi faite de "corps étendus en longueur, largeur et profondeur, qui ont diverses figures et se meuvent en diverses façons" (Extrait de la Lettre de l'auteur).

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