L'atomisme médiéval : de l'antagonisme au syncrétisme


Les limites du champ d'investigations scientifiques selon Maxwell

Longtemps, la dimension divine des atomes constituera un sujet propice à la réflexion et au débat. Ainsi le célèbre astronome anglais d'origine allemande, William Herschel (1738 - 1822), considéré comme le fondateur de l'astronomie stellaire, dans son ouvrage intitulé Discours de la philosophie naturelle, insiste-t-il sur l'origine forcément commune de substances aux propriétés et aux formes identiques, sur la parfaite identité des corpuscules qui les constituent, donc. Une identité reproduite une infinitude de fois depuis tous temps dans l'univers tout entier. Preuve, selon lui, de l'existence d'une force ou d'un ètre suprème.

Ce mème argument sera repris et développé, quelque cent ans plus tard, soit à l'aube de l'atomisme scientifique moderne, par James Clerk Maxwell (1831-1879), ce célèbre physicien écossais à l'origine de la formulation des lois de l'électromagnétisme et de la théorie cinétique des gaz - cette théorie expliquant les propriétés physiques et la nature d'un gaz. Dans la lignée des atomistes grecs, il affirmera le caractère indivisible de tout corpuscule de matière constituant les molécules dont les chimistes sont progressivement parvenus à isoler les propriétés et les éléments constitutifs. Telle la molécule d'eau, désormais constituée d'un atome d'oxygène et de deux atomes d'hydrogène. Des atomes d'hydrogène aux propriétés intrinsèques (masse, ...) strictement identiques, quelles que soient l'origine et l'époque de leur formation. Ainsi en atteste la spectroscopie, cette technique permettant d'analyser, à l'aide de dispositifs optiques tels le prisme, le réseau de diffraction ou bien encore l'interféromètre, selon la résolution spatiale recherchée, les propriétés de tout rayonnement - de rayonnements en provenance de l'espace, notamment. Il apparaît ainsi que les atomes d'hydrogène présents à la surface du Soleil et d'étoiles plus lointaines vibrent à des fréquences identiques à celles des atomes d'hydrogène "terrestres".


Un dispositif de spectrométrie comprend une fente d'entrée située dans le plan focal d'un collimateur,
un élément disperseur permettant une déviation des rayons lumineux, et un objectif de
focalisation permettant l'observation du spectre de la lumière entrant par la fente.


De la constance spatio-temporelle de ces propriétés atomiques, vibratoires en particulier, les lois de l'évolution naturelle ne rendent pas compte, selon Maxwell. D'où la tentation d'attribuer à ces corpuscules de matière une origine surnaturelle, divine en l'occurrence. Cette question des origines constitue, selon lui, la limite du champ d'investigations scientifiques. En celà, il se démarque notablement de ses prédécesseurs grecs.

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