L'atomisme médiéval : de l'antagonisme au syncrétisme


L'atomisme interactif de Newton

Par chance, l'Eglise anglicane, de confession protestante, était beaucoup plus ouverte aux théories scientifiques de l'époque. Ce qui permit à de grands physiciens tels Isaac Newton (1642-1727), et à de grands chimistes tels Robert Boyle (1627-1691), de développer leur vision atomiste de la Nature.

Tout comme Galilée (1564-1642) avait déduit de ses observations du ciel l'universalité des lois de la Nature, Isaac Newton (1642-1727) déduisit de sa loi de la gravitation universelle l'hypothèse de l'existence d'une ou de plusieurs forces unissant les atomes d'une mème substance, assurant la cohésion de la substance en question, donc - la molécule, par exemple. Pour autant, il eut l'intelligence de ne pas vouloir expliquer les interactions entre atomes au moyen de cette seule loi postulant que deux corps s'attirent proportionnellement aux produit de leurs masses et inversement proportionnellement au carré de la distance qui les sépare. S'il lui paraissait évident que cette force d'attraction gravitationnelle, ou "esprit de Dieu qui traverse la matière", pour reprendre sa propre expression, jouait un rôle dans la cohésion de la matière, il lui semblait que ce rôle demeurait relativement limité en effet - en d'autres termes, que d'autres forces, d'origine électrique ou magnétique, de nature attractive voire répulsive, devaient également ètre considérées.

Isaac Newton (1642-1727)


En avançant cette hypothèse nouvelle, Isaac Newton ne faisait pas seulement preuve d'une remarquable lucidité, ni mème d'une certaine prescience de la réalité. Il se démarquait également de cette vision purement mécaniste de l'univers chère aux atomistes grecs. Tendance que son rejet des notions de hasard et d'éternité ne fera que confirmer : à ses yeux, Dieu ne s'est pas contenté de créer la matière qui constitue notre Univers actuel, mais continue, aujourd'hui encore, de le diriger, de veiller au respect de la bonne Marche du Monde, en quelque sorte.

A ce rejet des notions de hasard et d'éternité, il convient également d'ajouter le refus d'assimiler la gravitation à une propriété intrinsèque de l'atome. Souvenons-nous en effet de cette notion de clinamen - cette déviation de leur trajectoire naturelle qu'impose la gravité de chaque atome -, introduite en son temps par Epicure pour rendre compte de la structuration progressive de l'univers. Aux atomes, Isaac Newton attribuera toutefois, à l'image de ses prédécesseurs, les propriétés d'indivisibilité, d'impénétrabilité, de mobilité, ... leur adjoignant mème l'inertie, soit la persévérance dans le mouvement ou le repos. Un mouvement dont seul le vide, à ses yeux, serait le garant. Bien qu'il pencha nettement en faveur de l'existence du vide, ce grand physicien n'exclut pas non plus la présence d'éther, mème raréfié, dans les espaces interstellaires - un éther de nature corpusculaire, bien évidemment.

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