En avançant cette hypothèse nouvelle, Isaac Newton ne faisait pas seulement preuve d'une remarquable lucidité, ni mème d'une certaine prescience de la réalité. Il se démarquait également de cette vision purement mécaniste de l'univers chère aux atomistes grecs. Tendance que son rejet des notions de hasard et d'éternité ne fera que confirmer : à ses yeux, Dieu ne s'est pas contenté de créer la matière qui constitue notre Univers actuel, mais continue, aujourd'hui encore, de le diriger, de veiller au respect de la bonne Marche du Monde, en quelque sorte.
A ce rejet des notions de hasard et d'éternité, il convient également d'ajouter le refus d'assimiler la gravitation à une propriété intrinsèque de l'atome. Souvenons-nous en effet de cette notion de clinamen - cette déviation de leur trajectoire naturelle qu'impose la gravité de chaque atome -, introduite en son temps par Epicure pour rendre compte de la structuration progressive de l'univers. Aux atomes, Isaac Newton attribuera toutefois, à l'image de ses prédécesseurs, les propriétés d'indivisibilité, d'impénétrabilité, de mobilité, ... leur adjoignant mème l'inertie, soit la persévérance dans le mouvement ou le repos. Un mouvement dont seul le vide, à ses yeux, serait le garant. Bien qu'il pencha nettement en faveur de l'existence du vide, ce grand physicien n'exclut pas non plus la présence d'éther, mème raréfié, dans les espaces interstellaires - un éther de nature corpusculaire, bien évidemment.
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