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La Grèce antique, berceau de l'atomisme moderne
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L'Ecole de Milet
La première école de pensée rationaliste grecque fut le fait de Thalès, qui vécut à Milet en Ionie au VIIème - VIème siècle avant notre ère. Là furent pour la première fois débattues les questions relatives à l'origine de l'univers observable, auxquelles Thalès et ses successeurs directs, parmi lesquels Anaximandre (vers 611-547 avant notre ère) et Anaximène (vers 570-500 avant notre ère), apportèrent des réponses sinon identiques, du moins semblables dans la forme. Les uns et les autres posèrent en principe en effet l'existence d'une substance primordiale unique à l'origine de tout ètre et de toute chose peuplant le Ciel et la Terre. Seule différait la nature mème de cet arché : il était l'eau aux yeux de Thalès ; l'apéiron ou substance infinie, éternelle et immuable dont sont issus tous les éléments à commencer par l'eau, l'air, le feu et la terre, pour Anaximandre ; l'air enfin, selon Anaximène - cet air immobile, invisible, que le mouvement et les fluctuations de température - les courants d'air chauds ou froids - rendent palpable. Pour la première fois, une théorie rationnelle venait donc se substituer aux interprétations mythiques en vigueur. |
A la question liée aux processus de structuration de la matière, telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est-à-dire sous cette forme complexe, les uns et les autres apportèrent des réponses quelque peu différentes également. Ainsi, selon Anaximène, la multiplicité des choses observables résultait-elle des processus de raréfaction et de condensation liés à l'augmentation ou à la diminution de la température de la substance primordiale : l'air, en se raréfiant, devenait feu, alors qu'en se condensant, il donnait lieu au vent, à l'eau, à la terre. Aux yeux d'Anaximandre en revanche, la différentiation de la substance primordiale en ces quatre éléments principaux était due à un phénomène de croissance, de poussée. Ainsi, cette matière, si elle subit des transformations physiques, est et demeure une, dans l'esprit des premiers philosophes grecs - idée qu'Aristote exprimera, deux siècles plus tard, en des termes désormais célèbres : "Rien ne se crée ni ne se détruit, la nature des choses est à jamais conservée". En d'autres termes, la substance primordiale demeure, seuls ses états changent - des changements dont Dieu serait directement responsable, aux dires de Thalès. A ses yeux en effet, Dieu est l'architecte de l'univers : il est celui qui façonna le monde, ses ètres et ses choses, à partir de la substance primordiale, l'eau en l'occurrence. |
 Aristote (384-322) |
Dans le mème ordre d'idée, Anaximène assimila l'air à Dieu. "Dieu n'a pas créé le monde", rétorqua Héraclite d'Ephèse (vers 540-475 avant notre ère), pour qui le feu constituait l'unique substance primordiale. De mème, le pythagoricien Hippasos de Métaponte faisait-il du feu le principe dont tout naissait, par raréfaction et par condensation.
Le débat philosophique était né, qui bientôt serait propice à un foisonnement d'idées et d'opinions bien différentes les unes des autres. Toutefois, deux grands courants de pensée s'imposèrent progressivement. L'un, le plus ancien, supposait la préexistence d'une ou de plusieurs substances primordiales. Ses partisans étaient nombreux, influents également. L'autre, plus subtil, envisageait l'existence de corpuscules de matière indivisibles, les atomes, ce qui posait la question du vide, de l'infini, ...
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