L'atomisme indien


Les adeptes du bouddhisme

Le VIème siècle avant notre ère vit l'éclosion d'une nouvelle philosophie orientale, le bouddhisme. Née aux confins du Népal, cette philosophie se scinda très rapidement en deux grands courants de pensée : le Hinayana (littéralement, le Petit Véhicule) et le Mahayana (littéralement, le Grand Véhicule). De ces deux branches, seuls les adeptes de la première, les Hinayanas, adopteront toutefois une vision corpusculaire de la Nature, très proche de celle des Nyayas et des Vaisésikas.

A leurs yeux également en effet, les atomes sont éternels, indestructibles, indivisibles, invisibles, imperceptibles, insécables et innombrables. Ils possèdent des propriétés naturelles et dérivées : solidité pour les atomes de terre, viscosité pour les atomes d'eau, mouvement pour les atomes d'air, enfin, chaleur pour les atomes de feu. Ils n'existent pas individuellement mais sous forme de conglomérats, constitués d'un atome central autour duquel gravitent six ou sept corpuscules pour les plus petits d'entre eux. Contrairement aux Nyayas et aux Vaisésikas, les Hinayanas rejettent toutefois l'idée d'une superpuissance, créatrice et ordonnatrice du monde.



Les adeptes du jaïnisme

Les jaïnistes, ces adeptes d'un troisième grand courant de pensée indien contemporain du bouddhisme, se rallièrent également à cette vision atomique, mécaniste donc, de la Nature. Aux atomes, ils associèrent des qualités proches de celles de leurs contemporains : la couleur, l'odeur, la saveur, le toucher, ... En substance toutefois, ils décrétèrent que ces corpuscules étaient identiques, constitués de la mème matière primordiale, donc. En celà, leur théorie atomique se rapprochait de celle des Grecs : la structuration progressive de la matière résulte de la multiplicité des arrangements atomiques possibles permis par l'action de l'eau, considérée alors comme un véritable ciment interatomique.


Quelques divergences mises à part, sur la nature mème des corpuscules élémentaires en l'occurrence - leur forme, leurs qualités -, il apparaît donc que les théories atomiques indiennes ressemblent étrangement aux théories de Démocrite, Epicure et Lucrèce, dont elles sont contemporaines. Pour autant, difficile de démontrer l'antériorité d'une théorie sur l'autre, difficile également d'établir avec certitude l'existence d'échanges entre ces deux contrées si éloignées, à une époque si reculée. Contentons-nous donc de mentionner leur émergence et d'étudier leur possible influence sur l'évolution de la pensée humaine au cours des millénaires ultérieurs.

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