La Grèce antique, berceau de l'atomisme moderne


L'antiatomisme aristotélicien (2/2)

Aristote ne reprochait pas seulement aux atomistes grecs de postuler l'indivisibilité et l'impénétrabilité des corpuscules de matière. Il leur reprochait également d'envisager l'existence du vide, de ce vide vecteur de mouvement. Or, selon lui, le vide n'existait pas ! En effet, le vide, s'il existait, empècherait tout mouvement ! Cette conclusion était le fruit de ses propres recherches sur le mouvement des corps observables - des recherches qui, pour la plupart malheureusement, entravèrent le développement de la science durant fort longtemps. Il faudra attendre les travaux de Descartes, Galilée et Newton en effet, soit près de deux millénaires, pour que soient définitivement balayées les hypothèses mécanistes d'Aristote !

Ce dernier ne pouvait par exemple concevoir que le mouvement naturel d'un corps consiste en un mouvement rectiligne et uniforme - principe aujourd'hui connu sous le nom de principe d'inertie, que Descartes fut le premier à établir. A ses yeux, une force extérieure devait ètre obligatoirement responsable de son mouvement - un mouvement qu'il qualifiait de naturel ou de contraint, selon le corps considéré. Ainsi, le feu et l'air avaient-ils naturellement tendance à se diriger vers le haut ; l'eau et la terre, vers le bas. Les corps célestes, quant à eux, empruntaient naturellement une trajectoire circulaire. Tout autre mouvement était contraint.




Le mouvement naturel des cinq
éléments primordiaux, selon Aristote.


Aux dires d'Aristote, la trajectoire circulaire des astres résultait de la nature mème de leur constituant principal, l'éther, dont il faudra attendre la toute fin du XIXème siècle et l'expérience de Michelson - Morley pour en démontrer l'inexistence. Quelques siècles auparavant, les travaux de Galilée, Kepler et Newton, étaient finalement parvenus à réconcilier physiques céleste et terrestre, que la théorie d'Aristote avait nettement dissociées. Résultat d'autant plus intéressant que la physique d'Aristote était encore à l'époque auréolée d'un véritable label de qualité - sans doute parce qu'avec Platon, il fut l'un des derniers grands philosophes - l'un des plus influents, donc.

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