La périodicité des événements célestes (2/3)
Les cycles solaire et lunaire
Si ces trois centres de civilisation attribuèrent au Soleil un rôle prépondérant, celui de calibrateur de l'année, deux autres populations de grande culture astronomique également, la Mésopotamie et la Chine, lui préférèrent en revanche la Lune. La durée de ce cycle fit d'ailleurs l'objet d'une détermination très précise de la part des Babyloniens : l'un d'eux, Naburi'annu (fin du IIIème siècle avant notre ère) estima en effet la durée du mois synodique, soit le laps de temps s'écoulant entre deux lunaisons successives, à 29,530641 jours, ce qui est très proche de la valeur actuellement admise : 29,53058 jours. Tout comme le cycle solaire était jalonné de quatre événements principaux - solstice d'été, équinoxe d'automne, solstice d'hiver et équinoxe de printemps -, le cycle lunaire était décomposé en quatre phases : premier croissant, pleine lune, dernier croissant et lune noire. Avec la première visibilité du croissant de Lune dans les lueurs du Soleil couchant débutait la phase de la nouvelle Lune. Aux 12 mois de 30 jours chacun régissant le calendrier mésopotamien était ajouté un 13ème mois censé tenir compte du quart de jour supplémentaire. Il fallut toutefois attendre le VIème siècle avant notre ère pour que des règles précises régissent l'addition de ce 13ème mois. En l'an 385 avant notre ère, il fut finalement remplacé par 7 intercalations en 19 ans, ce qui conféra à ce calendrier un caractère luni-solaire, à l'image de celui en vigueur alors en Chine. La détermination précoce de la durée du cycle de Métos (19 ans), ce laps de temps au terme duquel le Soleil et la Lune occupent les mèmes positions relatives, explique fort bien la nature du calendrier chinois : un calendrier lunaire - 12 lunaisons alternativement constituées de 29 et 30 jours -, que l'adjonction de mois intercalaires permettait d'accorder avec l'année astronomique, d'une durée de 365,25 jours. Cette durée, ils la déduisirent de la découverte de ce cycle de 60 années, exactement constitué de 21915 jours. Fidèles à leur système de division sexagésimale, ils divisèrent par ailleurs le jour en soixantièmes, soit en intervalles de temps d'une durée de 24 minutes chacun.
Les cycles solaire et stellaire
En Egypte, le début de chaque décade de l'année solaire était conditionné par le lever héliaque d'une étoile donnée, soit par sa réapparition dans les lueurs de l'aube, après qu'elle soit demeurée invisible quelque 70 jours durant - preuve que l'astronomie stellaire y était fort développée également. Non seulement les cycles solaire et lunaire y étaient comme partout ailleurs observés, mais également les cycles stellaires. Les cycles solaire et stellaire se révélèrent parfois mème parfaitement complémentaires l'un de l'autre. Ainsi le lever héliaque de l'étoile Sirius (sopedet) sanctionnait-il le début de l'année solaire et en établissait-il la durée précise : 365,25 jours. Tous les quatre ans, un tel événement céleste se trouvait donc différé d'une journée entière. Il aurait suffi alors aux prètres-astronomes de l'ancienne Egypte de tenir compte de ce "retard" pour ajuster leur calendrier solaire. Pour différentes raisons toutefois, ils laissèrent le calendrier civil "vagabonder" d'année en année, jusqu'à ce qu'il coïncide de nouveau avec le calendrier religieux basé, lui, sur le lever héliaque de l'étoile Sirius, quelques 1460 années plus tard, soit au terme d'une période sothiaque. Alors "le temps des hommes rejoignait celui des dieux".
|