Les progrès de l'instrumentation


De la lunette astronomique aux télescopes géants (5/6)

La course aux télescopes géants

Tout au long du XIXème siècle, la taille de ces télescopes grandit : il fallait en effet augmenter toujours plus le diamètre de la surface collectrice, qu'il s'agisse d'une lentille ou d'un miroir, pour pouvoir capter la lumière en provenance d'objets toujours plus lointains - une lumière d'intensité toujours plus faible, donc. Le plus grand des télescopes réfracteurs, muni d'une lentille primaire de 1 mètre de diamètre, fut mis en service en 1897 dans l'état du Wisconsin ; il équipait alors l'Observatoire de Yerkes. Une lentille parfaitement homogène de cette dimension avait toutefois tendance à se déformer sous son propre poids. Là s'acheva donc la construction des télescopes réfracteurs. Celle des télescopes réflecteurs se poursuivit en revanche : il était plus simple en effet de supporter un miroir, mème de grande taille, la lumière ne le traversant pas de part en part comme une lentille. Les aberrations chromatiques étaient, de plus, inexistantes. Les coûts de fabrication, enfin, étaient bien moins importants. Tout plaidait donc en faveur de la construction de ces télescopes réflecteurs.

En 1917 fut construit le télescope de 2,5 mètres du Mont Wilson en Californie... un télescope qui, longtemps, demeura le plus grand du monde. Le télescope de 5 mètres du Mont Palomar en Californie fut quant à lui mis en service en 1948 : son miroir pesait plus de 12 tonnes et la monture qui servait à le manoeuvrer, plus de 100. Avec le télescope soviétique Bolchoï de 6 mètres de diamètre s'arrèta définitivement la course au gigantisme : la technologie basée sur l'utilisation d'un unique miroir rigide avait atteint ses limites en effet.

Une nouvelle génération de télescopes géants vit le jour en 1979. Sur le Mont Hopkins en Arizona fut implanté le premier télescope à miroirs multiples : il est constitué de six miroirs de 1,8 mètre de diamètre, dont le parfait agencement - réalisé par ordinateur et constamment vérifié par des faisceaux laser - permet d'obtenir des résultats identiques à ceux fournis par un seul miroir de 4,5 mètres de diamètre. Sur ce mème principe repose le fonctionnement du télescope géant Keck I, mis en service en 1991 sur le Maunea Kea, à Hawaï. Ce télescope de 10 mètres de diamètre est constitué d'une mosaïque de 38 miroirs hexagonaux minces et indépendants les uns des autres. Son jumeau, le Keck II, fut mis en service en 1996. De part son altitude (4200 mètres) et son éloignement de toute ville, le Maunea Kea offre des qualités d'observation incomparables ; aussi est-il peuplé de nombreux télescopes.


Figure de droite : Le Maunea Kea à Hawaï, un mont propice à l'observation.
Figure de gauche : Les télescopes Keck et Keck II furent installés sur le Maunea Kea à Hawaï dans les années 1990.

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