Ainsi, si la Terre exerce une telle force sur notre satellite, certainement le Soleil exerce-t-il une attraction comparable sur chacune des planètes de notre système solaire et les planètes sur leurs satellites respectifs. Newton en conclut que les objets de l'univers sont en constante interaction : une interaction dont l'intensité est inversement proportionnelle au carré de la distance séparant ces objets. De cette interaction résulterait la forme elliptique des orbites. Ainsi serait née, il y a quelques trois siècles, la théorie de la gravitation universelle.
La réalité diffère néanmoins quelque peu : des documents datant de l'époque, qui furent rédigés de la main de Newton, montrent en effet que ce dernier n'avait pas clairement formulé la loi de décroissance (en 1/r²) de cette interaction gravitationnelle entre objets du système solaire, avant qu'il n'ait reçu cette lettre de Hooke lui demandant expressément de l'aider dans ses recherches. Dans ses Principa, l'oeuvre maîtresse de sa vie qu'il rendit publique en 1687, il ne fit pourtant aucune allusion aux travaux de son concurrent direct, Hooke. Lui qui avait étendu la loi de la chute des corps à l'ensemble des corps de notre système solaire, qui avait déduit de l'existence de cette interaction la nature elliptique des orbites planétaires, enfin, qui avait démontré la validité des deux premières lois de Kepler, avait donc tenté de rafler tous les honneurs en s'attribuant la découverte de la loi en 1/r². Cette attitude vaniteuse assombrissait quelque peu ses réalisations, pourtant formidables. N'était-ce pas Newton en effet qui avait démontré que l'intensité de cette force gravitationnelle entre deux objets distants de r dépend du produit de leurs masses respectives, M et M' ? La force de gravitation prenait alors la forme que nous lui connaissons aujourd'hui : F = G x M x M'/r², où G est une constante, la constante de gravitation universelle. En généralisant la troisième loi de Kepler, il devenait désormais possible de déduire des paramètres orbitaux d'un objet céleste donné, la masse de l'astre autour duquel il gravite : la masse de Jupiter, connaissant la période de révolution T et la longueur du demi grand axe a de l'orbite de l'un de ses satellites - Ganymède, par exemple.
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