Kepler déduisit de l'existence de ce phénomène que le Soleil devait exercer une force sur la planète considérée - une force d'autant plus importante que la planète se trouve à proximité du Soleil. Peut-ètre mème cette force serait-elle à l'origine du mouvement des planètes ? S'inspirant des travaux de William Gilbert sur les lignes de champ magnétique, il émit l'hypothèse selon laquelle des lignes invisibles de champ magnétique sortent du Soleil dans toutes les directions. Ces lignes seraient entraînées par la rotation du Soleil sur lui-mème, et "fouetteraient" les planètes, de sorte que plus la planète s'approcherait du Soleil, plus l'action des lignes de champ serait importante, et plus la planète irait vite. Pour la première fois, une explication rationnelle était donnée du mouvement des planètes. Le divin perdait peu à peu de son emprise sur les astres constellant notre ciel nocturne.
La troisième loi de Kepler
Ces deux énoncés furent suivis d'un troisième, en l'an 1618 : pour toutes les planètes de notre système solaire, le carré de la période sidérale T (période de révolution des planètes par rapport aux étoiles fixes) exprimée en années est égal au cube du demi-grand axe a de l'orbite elliptique exprimé en unités astronomiques : T2 (années) = a3 (ua). Cette troisième loi vint conforter l'hypothèse de Copernic selon laquelle le temps mis par une planète pour décrire complètement son orbite est directement proportionnel à la distance séparant chaque planète du Soleil.
Au moyen de ces trois lois, Kepler était parvenu à considérablement simplifier le système de Copernic. En attribuant à chaque planète de notre système solaire une orbite elliptique, il donnait une explication simple et rationnelle à la fois de la préférence zodiacale, supprimant par là mème les surcharges du modèle héliocentrique - ces épicycles si encombrants. Un modèle simple rendait désormais fidèlement compte des mouvements planétaires, de leurs irrégularités également. Les écarts entre prédictions théoriques et données observationnelles devenaient pour la première fois en effet inférieurs aux erreurs expérimentales - des erreurs expérimentales qui s'amenuiseraient à mesure que les techniques d'observation s'amélioreraient.
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