La lente adoption de la théorie héliocentrique (1/6)
L'usure du temps
Durant plus d'un millénaire, le système de Ptolémée fera l'unanimité. L'hypothèse héliocentrique avancée en son temps par Aristarque de Samos (IIIème siècle avant notre ère) ne semblait guère peser lourd en effet face à cette théorie géocentrique qui donnait de tout mouvement astronomique, à l'exception de celui des étoiles, une explication "rationnelle". Le fait mème que le Soleil est 19 fois plus gros que la Terre ne remettait pas en cause ce système : l'astre du jour n'était-il pas en effet constitué d'éther, cette substance plus légère encore que l'air ? Dans l'esprit des Anciens, seul un objet plus massif que la Terre aurait logiquement pu détrôner notre planète, lui ôter sa position centrale. Un astronome du nom d'Oresme (1320-1382) démontra toutefois, "à titre purement indicatif", que les mouvements célestes apparents demeureraient inchangés si la Terre, et non le ciel, était animée d'un mouvement uniforme de rotation... un mouvement dont nous, habitants de la Terre, ne nous rendrions pas compte. En l'an 1450, Nicolas de Cuse fit d'ailleurs très justement remarquer que les passagers d'un bateau, enfermés dans une cale sans hublots, n'étaient pas conscients du mouvement de leur embarcation lorsque celle-ci file à vitesse constante sur une mer calme. A moins de grimper sur le pont, il leur était impossible d'affirmer en effet si le navire était immobile ou en mouvement.
La théorie héliocentrique
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