Quelques réalisations grecques (2/4)
Les diamètres de la Lune et du Soleil
Mème erroné, ce résultat amena toutefois à une conclusion des plus intéressantes : l'idée que le diamètre du Soleil était 19 fois supérieur à celui de la Lune. Lors d'une éclipse de Soleil en effet, les Anciens avaient noté que la surface du disque lunaire occultait complètement le Soleil. Les diamètres apparents de ces deux astres, vus de la Terre, devaient donc ètre quasiment identiques. En supposant que le Soleil était 19 fois plus éloigné de la Terre que de la Lune, il venait que le diamètre du Soleil était également 19 fois supérieur à celui de la Lune.
Or, l'observation d'éclipses de Lune conduisait à penser que le diamètre lunaire était compris entre le quart et la moitié de celui de la Terre - l'ombre projetée de la Terre sur la Lune apparaissait en effet recouvrir une zone de taille bien supérieure à celle de la Lune. Aristarque de Samos en déduisit que le Soleil est de 5 (19 x 0,25 = 5) à 10 (19 x 0,5 = 10) fois plus gros que la Terre. En réalité, le Soleil est à peu près 100 fois plus gros que la Terre (= 390 x 0,25).

Séquence de photos montrant la Lune traversant l'ombre de la Terre au cours d'une éclipse lunaire.
Le Soleil étant de taille bien supérieure à celle de la Terre, Aristarque imagina que les planètes de notre système solaire étaient en rotation, non pas autour de la Terre, mais autour de l'astre du jour... la Terre et la Lune y compris ! Dans son système héliocentrique, le Soleil et les étoiles étaient simplement considérés comme fixes. C'est en tout cas ce que rapporte l'un des ses brillants successeurs, Archimède (287-212 avant notre ère)... les traités d'Aristarque et de bien d'autres, d'Eudoxe de Cnide et d'Aristote notamment, ayant péri dans l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie, en l'an 391 de notre ère.
La mesure de la circonférence terrestre
C'est en Egypte que la plupart des savants Grecs trouvèrent leur source d'information et d'inspiration. Là était pratiquée, depuis des millénaires, avec un soin et une précision rarement égalés, une véritable astronomie d'observation. C'est ainsi qu'Eudoxe de Cnide (408-355 avant notre ère), auquel les prètres-astronomes égyptiens avaient révélé les "secrets" du fonctionnement de leur calendrier sothiaque, implanta son propre observatoire à proximité de la ville d'Héliopolis. Mais l'on doit à Alexandre le Grand (356-323 avant J.C.) d'avoir fait d'Alexandrie, ce port situé sur la côte méditerranéenne, un véritable foyer culturel regroupant, autour de sa célèbre et prestigieuse bibliothèque, tous les savants et érudits de son époque. Sur la terre d'Egypte s'installèrent les plus grands savants Grecs, parmi lesquels Euclide (IIIème siècle avant notre ère), ce célèbre géomètre qui fonda l'école d'Alexandrie ; ou bien encore Eratosthène (vers 276-194 avant notre ère), ce responsable de la bibliothèque d'Alexandrie que la détermination de la circonférence de la Terre rendit célèbre. Il succédait ainsi à Aristote (384-322 avant notre ère), qui, auparavant, avait estimé cette circonférence à quelques 400 000 stades, soit à environ 63 000 km, ce qui nous apparaît aujourd'hui quelque peu excessif ; Archimède (287-212 avant notre ère) avait d'ailleurs revu cette valeur à la baisse, l'estimant à 300 000 stades, soit à environ 47 000 km.
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