Une vision géocentrique de l'univers (7/7)
Le système de Ptolémée
Cette combinaison de mouvements circulaires et uniformes parcourus sur l'épicycle par la planète considérée et le long du déférent par le système {planète, épicycle} n'explique toutefois pas l'autre irrégularité observée dans le mouvement des planètes : l'existence de la préférence zodiacale, véritable ralentissement ou accélération d'un astre errant dans un secteur donné du zodiaque. Pour ne pas remettre en cause le principe absolu du mouvement circulaire uniforme animant chaque astre, Ptolémée dut tricher quelque peu. Il dut tout d'abord éloigner la Terre du centre du déférent, la rapprochant d'une partie de la trajectoire planétaire, l'éloignant de l'autre - ce qui eut pour effet apparent de ralentir la planète dans la partie éloignée du déférent et de l'accélérer dans la partie rapprochée. Il dut également renoncer à faire se déplacer à vitesse constante l'épicycle le long du déférent : il définit un nouveau point, l'équant, symétrique de la Terre par rapport au centre du déférent - un point situé sur la droite joignant la Terre au Soleil, donc. L'épicycle se déplace alors de telle sorte que, vu de l'équant, il semble faire le tour du déférent à vitesse constante. Il ne se déplace donc pas réellement à vitesse constante le long du déférent. Le fait d'excentrer la Terre et de supposer l'uniformité du mouvement de l'ensemble {planète, épicycle} par rapport à l'équant permit de rendre compte assez précisément du phénomène observé de préférence zodiacale, tout en préservant le principe cosmologique de Platon.
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