Histoire de l'astronomie


Une vision géocentrique de l'univers (6/7)

L'ordonnancement des objets du Système Solaire

Cet ordre était en vigueur depuis plus de quatre siècles. Il avait été établi à l'époque de Platon, sur la base du temps moyen nécessaire à chaque planète pour faire le tour complet du zodiaque. Il était bien établi en effet que le Soleil parcourait les 12 constellations du zodiaque en un temps supérieur à celui de la Lune (1 an contre 27,3 jours). La survenue d'éclipses solaires imposait par ailleurs à l'astre du jour de se trouver à plus grande distance de la Terre que la Lune. D'où l'idée que la durée de révolution d'une planète donnée autour de la Terre est directement proportionnelle à sa distance à la Terre, considérée alors comme le seul et unique centre du cosmos.

De cette hypothèse fort logique aurait découlé un agencement planétaire clairement établi, si seulement les planètes Mercure et Vénus ne parcouraient la totalité du zodiaque en une année également. L'ordre Mercure-Vénus-Soleil demeura donc purement arbitraire, des siècles durant. L'ordre des Stoïciens, qui perdura jusqu'à Copernic, voulait que les orbites de la Lune, de Mercure et de Vénus, naturellement centrées sur la Terre, soient intérieures à celle du Soleil et que les planètes Mars, Jupiter et Saturne fussent considérées telles des planètes extérieures. Un tel agencement succédait à celui qui fut adopté par Platon, Eudoxe, Aristote et Hipparque : Terre, Lune, Soleil, Vénus, Mercure, Mars, Jupiter et Saturne. Dans l'un et l'autre cas, la sphère des étoiles occupait la position la plus éloignée de la Terre, rompant ainsi avec le curieux agencement d'Anaximandre (vers 611-547 avant notre ère) : celui-ci pensait en effet que la sphère des étoiles se situait entre les orbites de la Lune et du Soleil.


Le système de Ptolémée

Dans le système de Ptolémée, les cinq planètes visibles de notre Système Solaire se meuvent sur un épicycle dont le centre C est situé sur un déférent entourant la Terre. Si le centre de cet épicycle était immobile, l'observateur terrestre verrait la planète osciller sur le fond du ciel, à l'intérieur de l'angle alpha. Le mouvement du système {planète, épicycle} décrivant le déférent se superpose en réalité à la révolution du défé-rent autour de la Terre ; aux yeux de l'observateur terrestre, la planète décrit donc son orbite, animée qu'elle est d'un mouvement d'ensemble impliquant la survenue de stations et autres rétrogradations.








Ptolémée suppose la combinaison de deux mouvements
circulaires uniformes - selon l'épicycle et selon le déférent
- pour expliquer le mouvement rétrograde des planètes.



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