Une vision géocentrique de l'univers (4/7)
Les prémices d'une vision héliocentrique
L'idée que la Terre est en rotation sur elle-mème fut pour la première fois avancée par Héraclide du Pont (vers 388-310 avant notre ère). La durée de cette rotation équivalant au jour solaire, le mouvement diurne des étoiles se trouvait tout naturellement et fort simplement expliqué. Exit l'hypothèse selon laquelle l'immense sphère céleste est en mouvement autour de la Terre, ou bien encore l'hypothèse selon laquelle ce mouvement diurne est une combinaison des mouvements de toutes les étoiles prises individuellement ! Parce que la théorie d'Eudoxe de Cnide, basée sur le géocentrisme, ne lui semblait pas rendre compte des irrégularités constatées dans le mouvement des planètes, ni mème dans leurs variations d'éclat, Héraclide du Pont émit une nouvelle hypothèse, de nature semi-héliocentrique celle-là, et à caractère excentrique : il proposa en effet que le Soleil et la Lune tournent autour de la Terre, tandis que les autres planètes de notre système solaire sont en rotation autour de l'astre central. Appliquée à Vénus et Mercure, cette théorie permettait d'expliquer leurs variations d'éclat.

L'hypothèse semi-héliocentrique d'Héraclide du Pont. La planète inférieure (Vénus ou Mercure) est en rotation autour du Soleil, lui-mème en rotation autour de la Terre. S'en trouvent expliqués : les variations observées dans l'éclat de la planète dont la distance à la Terre n'est plus constante ; l'existence des phases de Vénus ; enfin, ses écarts angulaires au Soleil limités dans l'angle alpha.
Aristarque de Samos (vers 310-230 avant notre ère) alla plus loin encore, arguant que la Terre est non seulement en rotation autour de son axe, mais également autour du Soleil, le fameux "feu central" des pythagoriciens, qu'il supposa fixe, tout comme les étoiles constellant la voûte céleste d'ailleurs. Sa vision héliocentrique de l'univers fut toutefois bien vite abandonnée par ses successeurs, qui lui préférèrent le système géocentrique. Sur cette hypothèse centenaire furent d'ailleurs construites par Hipparque (vers 190-120 avant notre ère), l'un des plus grands astronomes de l'Antiquité, la théorie des excentriques, celle des épicycles également.
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