Introduction à l'astronomie en Egypte ancienne


Dans la continuité de leurs ancêtres du Néolithique, les anciens égyptiens édifièrent des monuments de pierre dont certains présentent, aujourd'hui encore, une orientation astronomique particulière. Telles les pyramides de l'Ancien Empire dont les vestiges parsèment la rive occidentale du Nil. Sur les parois internes des plus tardives d'entre elles ont été gravés des textes - les fameux Textes des Pyramides - au sein desquels apparaissent, pour la première fois, les noms d'étoiles et de constellations : spd, s#h, ... Une imagerie leur est associée, leur succession à l'est du ciel nous est contée, sur l'intérieur du couvercle de sarcophages datant de la fin de la Première Période Intermédaire et du Moyen Empire. La forme de quelques constellations peuplant le ciel de l'Egypte ancienne, les appellations des divinités auxquelles elles sont associées, figurent quant à elles au plafond de divers temples et tombes du Nouvel Empire (Senenmout, Séthi I, Ramasseum, ...) à l'Epoque Ptolémaïque. De mème, la succession des cycles solaire et stellaire, la symbolique entourant le lever du Soleil sur la Terre d'Egypte, ...


Astronomie en Egypte Ancienne


Tout comme la déesse du ciel, Nout, donnait chaque matin naissance à l'astre du jour, elle donnait naissance aux étoiles à leur heure, soulignent divers passages du Livre de Nout et du Texte Dramatique dont le Papyrus Carlsberg I constitue une copie tardive. Leur sortie de la Douat, après qu'elles soient demeurées invisibles plusieurs semaines, était assimilée à une véritable renaissance et donnait lieu à des festivités. Celle de l'étoile Sirius notamment, l'étoile la plus brillante du ciel, dont divers écrits (papyrus El-Lahoun, calendrier Ebers, texte de fondation du temple d'Hathor à Dendérah, ...) mentionnent la survenue du lever héliaque dans le passé de l'Egypte .


Astronomie en Egypte Ancienne


Ces vestiges de nature architecturale, textuelle ou pariétale, constituent une véritable base de données astro-égyptologiques régulièrement mise à jour : le point de départ de travaux de recherche inédits qui nécessitèrent la conception de plusieurs logiciels d'astronomie et aboutirent à la formulation de nouvelles hypothèses scientifiques - relatives à l'identification des constellations peuplant le ciel de l'Egypte ancienne ou bien encore à la source astronomique d'orientation des pyramides de l'Ancien Empire et des temples d'Isis et Hathor à Dendérah. Aucune des hypothèses envisagées n'est bien évidemment certaine. Par définition, l'hypothèse retenue est celle dont la probabilité est la plus grande - celle qui explique au mieux la réalité observée ou mesurée, en l'occurrence. Le principe de cette démarche probabiliste a fait l'objet d'une présentation orale lors des 55ème et 56ème colloques de l'American Research Center in Egypt (Tucson, Arizona, 2004 et Boston, Massachusetts, 2005) et d'une publication au sein du 6ème numéro des Cahiers Caribéens d'Egyptologie. Son objectif : favoriser la collaboration entre astronomes et égyptologues du monde entier.

Parce que Jean-François Champollion fut le tout premier à cerner le contenu astronomique des vestiges qu'il rencontra lors de son Voyage en Egypte, sa biographie vous est proposée. Une biographie en forme d'hommage à cet Esprit des Lumières qui, par sa découverte, commua définitivement l'égyptomanie en égyptologie.